Rocket League : Le Test (2/2)

Alors, il nous a appâté avec son handicap mais nous a refilé un test classique : elle est où la nouveauté ? Ben elle est ici.

La seconde partie de ce test est consacrée à l’adaptation requise en tant qu’handicapé pour réussir à jouer convenablement. Le test du jeu, c’est en première partie !

 

La base


  • Nombre de touches « jeu » : 16
  • Nombre de touches « sociales » : 6 + chats écrits (3)
  • Nombre de touches « options » : 3
  • Nombre de touches « autres » : 17 doublons, ralentis et très peu utiles
  • Nombre de touches intéressantes à avoir sous la main : 25 – Contrôles (9), Caméra (6), Chat rapide (4), Echap/Entrée/Menus (6)

 

 

La phase de réglages


Bon, ça a l’air simple : tout est indispensable. Mais j’ai pas 25 doigts moi !

 

Comme dit dans la première partie du test, j’ai tout d’abord évité le jeu parce qu’il paraissait trop complexe à manier à une main. Il faut contrôler la voiture au sol, mais aussi sauter, booster, déraper, faire des vrilles, diriger sa caméra… Et vu la vitesse et le principe du jeu, on ne peut pas se dire « Oh, tant pis, j’utiliserai pas beaucoup le dérapage ! ». Mais bon, les copains qui ont tous acheté le jeu, qui ont l’air de bien se marrer, qui restent jusqu’à 3 plombes du mat’, ça fait quand même réfléchir. Est-ce que j’y arriverais quand même ? Est-ce que j’arriverai à me satisfaire d’un niveau très moyen et m’amuser malgré tout ? Est-ce que je pourrai jouer avec mes amis valides sans être le boulet qu’on choisit en dernier dans la cour de récré ? Est-ce que je détruirai de rage mon bureau après avoir raté pour la 10 000e fois la même balle ? Est-ce que ça fait trop de questions en « Est-ce que » ? Pour la dernière, peut-être. Mais j’aime bien.

 

L’avantage, comme vous avez pu le voir, c’est que le jeu propose des tutoriels assez bien faits, complets et progressifs. Donc après un bref passage sur le pilote Logitech pour placer « Avancer/Reculer/Tourner », on peut se jeter dedans et rajouter les commandes au fur et à mesure qu’on nous les donne. Soit vous êtes doués pour les Alt-Tab, soit investissez dans un second écran ! En tout cas, au début, c’est facile : on garde les 3 doigts du milieu pour les déplacements, on met le boost sur le pouce, on met le saut sur le petit doigt. Bon, après, le dérapage, je le mets où ? Le changement de caméra ? Plutôt petit doigt, plutôt pouce, ou plutôt proche du « ZQSD » du déplacement pour jeter un des 3 doigts dessus ? Bon, on va tenter une première disposition, et il sera toujours temps de blâmer l’ancien-soi qu’on y arrive pas à cause des binds plutôt que de se dire qu’on est nul ou trop handicapé.

 

Ensuite, les fonctions annexes : chat rapide, caméra manuelle, caméra arrière. Les deux premiers sont placés sur des sticks ou des croix sur les manettes classiques : et bien on va les mettre sur le joystick, trop mal placé pour être utilisé pour gérer la voiture ! Il suffira de basculer du Profil 1 au Profil 2 selon les besoins. La caméra arrière, pas loin de la caméra ballon. Il suffira juste d’arrêter d’appuyer sur l’un quand on veut l’autre, d’ici 50 heures de jeu ça devrait être enfin rentré dans le cerveau ! Reste à placer les fonctions de menu ou non-vitales : le score, passer le ralenti, la touche entrée… Tout ça se case le plus loin possible des touches sensibles pour éviter des erreurs tragiques, sans pour autant devoir quitter le G13 de la main. Et comme j’ai un super micro qui entend un peu trop tout ce qui se passe autour et que je joue dans le salon, je me rajoute une touche de « Push-to-Talk » pour l’activer uniquement pour entendre mes conneries indications stratégiques avisées.

 

Avec l’expérience qui s’accumule, on devient meilleur… Et on commence à se rendre compte de quelques difficultés particulières au handicap et au manque de doigts. En effet, lorsque l’on commence à bien réussir à s’envoler, on commence à comprendre qu’il serait bon parfois de faire un petit tonneau pour taper la balle avec le meilleur angle possible pour cadrer sa frappe ou la rendre plus puissante. Du coup, résumons : 3 doigts pour bien gérer la trajectoire globale Haut/Bas/Gauche/Droite, 1 doigt pour gérer le boost, 1 doigt pour les sauts, et 1 doigt pour appuyer sur le bouton « Dérapage/Tonneau ». Ça fait 6 doigts. Et en plus, on peut même pas tourner et faire un tonneau à la fois ! Du coup, si on sépare les 2 Tonneaux, ça fait 7 doigts ! Super… J’irais bien faire un voyage à Fukushima, mais les résultats sont assez aléatoires. Du coup, j’ai eu une idée à la fois bête et géniale (vous choisirez ce que vous voulez) : utiliser les pieds ! Et c’est comme ça que j’ai fait l’achat d’un pédalier numérique On/Off 3 boutons. Et vu qu’entre temps, le développeur Psyonix s’est fendu d’un mode de jeu (Rumble) qui rajoute un bouton, la pédale du milieu était également utile ! Bon, pour appuyer peu finement pour envoyer un gros coup de poing dans le ballon, c’était assez facile de prendre le coup. Mais gérer le tonneau de la voiture de façon assez fine, en bonne synchro avec les doigts qui gèrent tout le reste, au début c’était catastrophique ! Mais maintenant, même si je suis loin d’avoir une utilisation suffisante du tonneau, c’est devenu un plus non négligeable et ça m’a permis de me sentir libéré d’une contrainte physique au départ infranchissable. Après, sans pédalier, j’avais quand même un niveau légèrement au-dessus de la moyenne des joueurs au niveau de mon classement, donc rien d’impératif non plus !

 

La configuration optimale


Voici donc ce à quoi je suis arrivé au final, un compromis pas trop crade pour poulpe aguerri : 5 doigts pleinement utilisés, 2 pieds qui doivent un peu naviguer au milieu selon les modes de jeu, et un cerveau qui fume un peu quand les parties sont tendues. Mais au final, c’est l’éclate totale !

 

Si vous voulez récupérer le fichier XML de configuration tout prêt, le voici : Rocket_League_G13_Profile 

 

 

Au final, ça joue bien ?


Putain mais t’es handicapé ou quoi ?!  Enfin, pire que moi encore ?

 

Bon, je vous avouerai sans honte qu’au début, ça n’a pas été facile. Enfin, pas exactement au début où tout le monde est nul, mais plutôt vers les 50-100 heures de jeu (niveaux vétérans soit entre 30 et 40 dans le jeu) : ma courbe de progression a subi un gros coup d’arrêt, et j’ai senti petit à petit que je devenais la troisième roue à moitié crevée du tricycle. En jouant avec des connaissances plus douées, j’arrivais pas à corriger certains défauts, je ratais toujours autant de balles… Une certaine frustration est venue, j’avais l’impression de faire des nœuds avec mes doigts, je commençais clairement à m’énerver d’être handicapé. Car oui, j’ai toujours eu l’esprit compétitif (mais pas mauvais joueur attention) et l’esprit d’équipe… Et me sentir amoindri, ne pas pouvoir aller plus loin, me prendre des raclées et emmener mes collègues avec moi dans des séries de défaites, c’était clairement pas fun ni gratifiant. Mais, comme pour la rééducation, l’administratif, les assurances, les opérations et le plat de tartiflette pour 6, je n’ai pas choisi d’abandonner : je me suis battu, je suis allé au bout et encore plus loin, et c’est reparti de plus belle !

 

Ensuite, une fois le « bon niveau » acquis, je me suis senti limité par le matériel et j’ai investi dans le pédalier (comme expliqué plus tôt). Le truc marrant avec le pédalier, c’est que parfois t’as un peu les chevilles qui fatiguent, les pieds deviennent lourds… Et tout d’un coup, tu fais un beau départ à la verticale qui part en définitive totalement en biais parce que t’avais ton pied reposé sur la pédale « Tonneau Gauche », et tu constates, impuissant, ta déroute qui arrive bien sûr au moment où tu étais le seul devant tes cages. Cette balle moisie, même pas forte. Mais 1-0 pour eux quand même. Il faut dire qu’avec une jambe qui a également morflé, c’est plus difficile avec des chaussures un peu lourdes de tenir une séance de jeu : ça me fera prendre de bonnes habitudes, il fait voir le bon côté des choses ! Ca permet aussi de se dire « Tiens, il est 1h30, c’est peut-être la fatigue aussi. Allez, c’est ma dernière, la vraie ! »

 

Et pour montrer qu’un handicapé n’arrivera peut-être pas au niveau des meilleurs « Pro-gamers », mais qu’il peut déjà aller taquiner un bon paquet de valides, voici mon classement en « compétitif », sur les 15 classes possibles… 4e classe, c’est pas mal, d’après les statistiques Rocket League je suis dans les 3% de meilleurs joueurs !

 

 

Ci-dessous une première vidéo de « best-of » des actions que j’ai pu faire (et que j’ai sauvegardées). Toutes n’ont pas l’encart sur ma main pour montrer ma façon de jouer car certains remontent à une époque où je ne m’étais pas encore décidé à lancer ce site. Pas de vue non plus sur les pieds, mais ça risque d’être un peu compliqué… J’essaierai néanmoins de faire une seconde vidéo un peu plus descriptive avec un maximum de points de vue pour mettre en mouvement ce que je vous ai expliqué ici. Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

 

 

 

Difficulté d’adaptation : Verdict


 

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