Le matériel


On m’a souvent dit :

Oh Biquet, tu es vraiment très bien équipé !

Ca épate tout le monde, vraiment. Le néophyte sera surpris, parce qu’il ne connaît que la souris HP 2 boutons ou la savonette Apple :

Oula, ça doit être compliqué, y’a beaucoup de boutons !

Les joueurs un peu plus avertis sauront que ces périphériques existent (pour la plupart), mais seront tout aussi surpris de les voir et d’en imaginer l’utilisation.

Franchement Biquet, je sais pas comment tu fais pour jouer comme ça !

Ben… Peut-être parce que j’ai pas le choix ? J’en suis pas sûr, mais c’est une piste sérieuse à creuser. En tout cas, je n’arrive toujours pas à expliquer le processus intellectuel qui vient à dire à un handicapé ces phrases qui commencent par :

Je sais pas comment tu fais pour…

Subir des opérations ? J’écoute le médecin, je dis d’accord, je signe le consentement. Dur. Continuer la rééducation ? C’est ça ou rester un max handicapé, quel choix. Ne pas végéter à ne rien faire ? J’aurais essayé de me débrancher en réa’ si c’était mon souhait. Jouer comme ça ? Parce que ça me plaît et que c’est encore possible ! (Oui, j’ai retrouvé le fil conducteur) Passons maintenant au concret.

 

 

Le poste de travail jeu


Je pourrais être super productif avec ça… Si j’en avais envie.

Je l’avais fait de cette manière par pur esthétisme et goût de l’informatique intelligent, compact mais sans concessions. Au final, pour mes nombreux mois en fauteuil roulant et pour ma jambe raide actuelle, c’est parfait. Si vous voulez un petit coin PC dans le salon sans se taper un meuble horrible ou un all-in-one, il n’y a pas mieux à mon goût !

 

 

  • L’écran au mur, c’est classe et sobre. Pour bien faire, il faudrait une petite réglette pour passer les câbles, mais j’avoue aisément que ce n’est plus une priorité ; si vous êtes propriétaires vous pouvez faire un petit passe-câbles dans le mur pour un résultat parfait, et même des rallonges USB avec prise murale pour les périphériques.
  • La tablette rabattable, c’est pratique si on a besoin de place pour un grand repas, une soirée, ça permet d’avoir plus de profondeur qu’une tablette murale classique, et c’est également plus solide. Idéal pour pouvoir glisser le fauteuil ou les jambes en dessous, être à la bonne distance de l’écran et avoir un peu de place pour poser le casque et ce qui vous plaira.
  • Le meuble à roulettes, en 30s on débranche tout et on peut bouger le PC pour nettoyer, ou pour les raisons ci-dessus. Un bon boîtier ITX se cale aisément dedans, j’y ai mis la box et l’imprimante dessus, le PC n’est pas trop enfermé, c’est assez discret et sobre !

Alors oui, ça coûte un peu plus cher qu’un meuble PC premier prix avec sa fantastique tablette sur roulettes pour le clavier. C’est 40€ la tablette, 30-40€ le meuble, 15€ la fixation murale… Bon, Ikea a eu la bonne idée de retirer mon petit meuble de son catalogue j’ai l’impression, mais vous pourrez bien trouver un équivalent ! Mais comparé à un bureau un minimum design, classe, pratique, c’est correct.

 

 

Le keypad: Logitech G13


Mon premier amour après mon handicap, c’était lui !

Lorsque je me suis retrouvé tel Capitaine Crochet (mais sans crochet, soit Capitaine Rien), il y a d’abord eu un moment de dépit par rapport à la pratique de jeux vidéos. Mais je me suis vite mis à la recherche du Graal qui me permettrait de rejouer ! Le Logitech G13 est apparu comme un outil presque parfait : des boutons à foison, un joystick, plein de possibilités software, des profils, un écran, une émulation souris… À un détail près : le stick était du mauvais côté. J’ai donc arpenté le web pour finir par tomber sur un bidouilleur qui a démonté son G13, découpé le bloc stick, fait courir les fils, et tout rebranché et fixé de l’autre côté : génial ! Mais comment je bricole à une main moi ? Et c’est là que le grand frère doué de ses deux mains intervient, et me fait cette adaptation salvatrice. Bon, les boutons accolés au joystick n’ont pas fonctionné longtemps, mas ils sont de toute manière trop loin dans cette configuration pour être utilisables efficacement.

 

Pas grand chose à redire sur le matériel en lui-même, si ce n’est que le stick n’est pas très agréable (peut-être à cause du bricolage pas optimum) et l’émulation souris peu pratique. Je peux déplorer rarement une touche qui coince un peu, mais j’ai l’impression que c’est les touches aux extrémités qui ne supportent pas forcément toujours bien les appuis un peu de travers. Sinon, ça m’a sauvé la vie pour les jeux avec véhicules ou les jeux en 2D type plateforme/aventure, mais pour les FPS/Aventure 3D c’était vraiment pas ça… Et pourquoi avoir choisi le G13 plutôt que le Razer Nostromo ? Tout simplement pour le bidouillage réalisable, les drivers (j’aime pas spécialement leur interface chez Razer), et parce que mes Diamondback et Copperhead avaient assez mal vieilli avant ça.

 

 

 

La souris : Logitech G600 MMO


La révélation, et ma meilleure amie ©

Ayant galéré pour viser de pauvres loups sur Tomb Raider (mon premier jeu post-handicap), je me suis dit qu’il fallait vraiment me trouver une souris avec laquelle je pourrais jouer. Me rappelant de ces souris greffées de 48 boutons pour les joueurs de MORPEUGs, j’ai scruté un peu le marché. Plutôt content de l’assistant Logitech pour mon G13, et avec les tests la préférant souvent à ses concurrentes, mon choix s’est porté sur la G600 MMO. Au début, autant dire que ça n’a pas été très évident. Entre la difficulté de faire beaucoup d’actions avec le pouce et garder une visée précise, réussir à faire des binds confortables et bien retenir où sont les actions, c’était un peu laborieux… Mais la persévérance a porté ses fruits ! Là-aussi, très peu de choses à redire : les binds assignables sont presque infinis, les touches sont globalement bien accessibles, la prise en main bonne, le 3e clic vite naturel (Selecteur G, qui permet en cliquant d’avoir une fonction secondaire à toutes les touches de la souris !), et on se sent un peu moins manchot tout de suite ! En tout cas elle est devenue ma meilleure arme de jeu pour les FPS, les jeux d’action 3D, et même hors de l’aspect gaming c’est un putain de bonheur : regardez un peu mes binds ci-dessous, on peut tout faire sans lever la main de la souris. Imaginez, pour vous créateurs, une bonne liste de binds pour Photoshop pour choisir des outils, appliquer des filtres, revenir en arrière, dupliquer, naviguer entre les calques… Gain de temps et de confort non négligeable ! Je suis d’ailleurs assez inquiet de voir une G602 très mal foutue et avec moins de touches, j’espère que ma G600 tiendra jusqu’à un éventuel nouveau modèle convaincant.

 

 

 

Le pédalier : Scythe Foot Switch II


Le petit dernier… Qui permet de franchir une nouvelle étape !

Un accessoire qui paraît dérisoire, mais que je suis content d’avoir ! (Une rime triple, ça ne se refuse pas). C’est la dernière pièce à l’édifice de mon équipement de gamer. Malheureusement, c’est une étape qui ne sera pas possible pour toutes les personnes handicapées, mais c’est la touche finale d’un équipement spécial pour un handicap particulier (et souvent oublié). Ce pédalier donc, c’était la réponse la plus logique à une frustration bien fréquente lorsque l’on commence à maîtriser la plupart des jeux : merde je peux pas courir, sauter et lancer ma grenade en même temps ! Et quand le pouce s’excite pour bouger en courant, que l’index est pris pour le saut, il faut trouver une solution pour la grenade. Et pourquoi pas les pieds ? Après une recherche « Pédale numérique USB » pour ne pas tomber sur des pédaliers de volant (moins confortables pour des actions on/off), je tombe sur des chinoiseries made in Aliexpress, ou sur une marque un peu plus connue mais loin de son domaine habituel : Scythe.

 

Connue pour ses ventilateurs et ventirads de qualité, je me dis qu’il vaut mieux se rabattre sur leur produit, quitte à payer plus cher (quand même 40€ pour un truc 3 boutons sans fioritures), pour une certaine solidité, fiabilité, et suivi software. Bon, niveau qualité de fabrication, c’est correct (en même temps, peu de place à l’erreur vu la haute technicité du produit), par contre les pédales font un bruit de malade. Concernant le software : pas vraiment compatible Windows 10, bug lorsqu’un autre périphérique programmable est branché, pas de profils différents gérables. Du coup, j’ai jamais vraiment réussi à changer les binds, malgré les tentatives avec des softs trouvés ça et là sur des forums par des bidouilleurs qui en avaient marre du pilote Scythe. Du coup, c’est & é  » et c’est marre. Il suffit de modifier les binds dans les jeux pour faire correspondre, c’est pas la mort. Mais quitte à acheter un pédalier de ce genre, autant prendre le moins cher et voir s’il tient longtemps, parce que rien ne justifie le prix de ce Scythe. À noter qu’il existe aussi avec deux ou une seule pédale, mais qui peut le plus peut le moins !